comptabilite entrepreneur micro auto

TJM freelance : comment fixer ses tarifs sans se brader

TJM, charges sociales, jours facturés, marge de négociation : comment calculer son taux journalier moyen en freelance sans se brader, avec une formule concrète, un exemple chiffré et les erreurs les plus fréquentes.

C’est l’une des questions qui bloquent le plus les nouveaux indépendants au moment de se lancer : combien faut-il facturer ? Trop bas, vous travaillez à perte. Trop haut, vous avez peur de faire fuir les clients. Et la plupart du temps, on finit par se fier à son instinct ou à copier vaguement ce que font les autres, sans vraiment savoir si c’est juste.

Or, il existe cette donnée non négligeable qui permet de fixer un prix à la journée. Un tarif global qui couvre ce que vous factureriez à une structure ou un client pour un nombre fixe d’heures sur un jour complet. Cette donnée, c’est le TJM.

Le taux journalier moyen, ou TJM, est justement l’outil qui permet de sortir de cette approximation et de fixer ses tarifs de façon rationnelle, en partant de ce dont vous avez réellement besoin.

Le TJM, c’est quoi exactement ?

Le taux journalier moyen est le montant qu’un freelance ou indépendant facture à son client pour une journée de travail. Il est exprimé hors taxes. C’est la base de tarification la plus répandue chez les consultants, formateurs, développeurs, graphistes et professions libérales qui travaillent à la mission. Il ne s’agit pas d’un salaire : c’est un chiffre d’affaires journalier, dans lequel sont inclus votre rémunération nette, vos charges sociales, vos frais professionnels et une marge pour les jours non facturés (congés, prospection, formation, maladie…).

En France, le TJM moyen varie entre 300 et 700 euros selon le métier et l’expérience (source : le-tjm.fr). Un développeur web junior facture généralement entre 250 et 400 euros par jour, un développeur senior entre 450 et 650 euros, et un consultant très spécialisé peut dépasser 800 euros. Un chef de projet marketing se situe plutôt entre 450 et 550 euros HT, un UX/UI designer entre 450 et 650 euros HT (source : freelancerepublik.com). Ces fourchettes donnent un repère, mais elles ne suffisent pas à définir votre TJM : elles doivent être croisées avec votre propre calcul.

Cette notion est déjà probablement connue par toute personne qui travaille en freelance et utilise des plateformes comme MALT. En effet, il peut être précisé sur MALT votre TJM (en tenant compte idéalement et évidemment de la commission que la plateforme prend sur ce que vous gagnez). Car la plateforme sera un intermédiaire entre vous et les client(e)s.

La formule de base

Le calcul du TJM repose sur une formule simple :

TJM = (salaire net annuel souhaité + charges annuelles + frais professionnels) / nombre de jours facturés dans l’année

Chacun de ces éléments mérite d’être précisé, car c’est là que la plupart des freelances font des erreurs.

Le salaire net annuel souhaité

Commencez par le montant que vous voulez toucher chaque mois, net d’impôts. C’est votre point de départ. 2 000 euros net par mois, c’est 24 000 euros par an. 3 000 euros net, c’est 36 000 euros. Ce chiffre doit correspondre à votre niveau de vie réel, pas à ce que vous pensez pouvoir « justifier » auprès d’un client.

Les charges sociales

En micro-entreprise, les cotisations sociales représentent environ 21,1 % à 22 % du chiffre d’affaires pour une activité de prestation de services ou profession libérale (si vous débutez, consultez aussi notre guide sur les erreurs fiscales à éviter en micro-entreprise) (source : pro.orange.fr). Ce taux monte à environ 22,9 % si vous avez opté pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu. Pour simplifier le calcul, retenez qu’il faut majorer votre revenu net souhaité d’environ 28 à 30 % pour couvrir les charges en micro-entreprise. Avec un autre statut (SASU, EURL), la majoration grimpe à 45 à 50 %.

Exemple concret : pour toucher 3 000 euros net par mois en micro-entreprise (BNC), vous devez générer environ 3 850 euros de chiffre d’affaires mensuel, soit 46 200 euros par an, une fois les cotisations déduites.

Les frais professionnels

Listez tout ce que vous dépensez pour travailler : abonnements logiciels, matériel, assurance professionnelle, compte bancaire pro, CFE, frais de déplacement, formation. Ramenez ces montants à l’année et ajoutez-les à votre base de calcul. En micro-entreprise, ces frais ne sont pas déductibles du chiffre d’affaires (contrairement au régime réel), donc ils doivent être couverts par votre TJM.

Le nombre de jours facturés, pas le nombre de jours travaillés

C’est l’erreur la plus répandue. Un freelance ne facture pas 365 jours par an, ni même 220 jours. Il faut déduire les week-ends, les jours fériés, les congés, et surtout le temps non facturable : prospection, devis, comptabilité, formation, réseaux sociaux. En moyenne, un freelance actif facture entre 15 et 20 jours par mois, soit 180 à 220 jours par an (source : simulateurtjm.netlify.app). Partir sur 180 jours est une hypothèse prudente et réaliste pour un début d’activité.

Un exemple chiffré complet

Vous êtes consultant freelance en micro-entreprise (BNC), vous souhaitez toucher 2 500 euros net par mois et vous prévoyez de facturer 180 jours dans l’année.

ÉlémentMontant annuel
Salaire net souhaité30 000 €
Charges sociales (22 %)8 470 €
Frais professionnels estimés3 000 €
Total à générer41 470 €
Nombre de jours facturés180 jours
TJM minimum nécessaire230 € HT/jour

Ce TJM de 230 euros est votre plancher absolu. En dessous, vous travaillez à perte. Au-dessus, vous dégagez une marge qui vous permettra de passer des mois creux sans paniquer, de constituer une épargne de précaution ou d’investir dans votre activité.

Les 3 erreurs qui font sous-facturer

  • Se baser sur son ancien salaire salarié sans majoration. Un salaire brut de 3 000 euros par mois ne donne pas un TJM de 150 euros (3 000 / 20 jours). Il faut majorer d’au moins 50 % pour couvrir les charges, les congés non payés et les jours non facturés. Le TJM plancher serait plutôt autour de 225 euros dans cet exemple.
  • Oublier les jours non facturables. Si vous comptez 20 jours travaillés par mois mais que seulement 15 sont facturés, votre TJM réel doit couvrir 20 jours de vie avec 15 jours de revenus. L’écart est significatif sur un an.
  • Ne pas prévoir de marge de négociation. Les clients négocient, surtout les grandes entreprises. Il est conseillé d’afficher un TJM supérieur de 10 à 15 % à votre TJM cible pour avoir de la marge sans descendre sous votre seuil de rentabilité (source : abcportage.fr). Notamment si par exemple c’est un cabinet de recrutement qui vous trouve des missions. Car là, comme pour MALT, il y a aura une commission prise par ce cabinet auprès de l’entreprise cliente, sur ce que vous gagnez.

Comment se positionner par rapport au marché ?

Une fois votre TJM plancher calculé, comparez-le aux tarifs pratiqués dans votre secteur. Plusieurs ressources permettent de faire ce benchmark : les plateformes freelance comme Malt ou Crème de la Crème affichent les tarifs des profils, LinkedIn permet de voir les informations tarifaires de certains indépendants, et les baromètres annuels publiés par des acteurs comme Silkhom (pour l’informatique) ou Freelance Republic donnent des fourchettes par métier et par niveau d’expérience.

Si votre TJM plancher est en dessous du marché, c’est une bonne nouvelle : vous avez de la marge pour vous positionner au niveau du marché, voire légèrement au-dessus si votre expertise (et/ou votre ancienneté) le justifie. Si votre plancher dépasse les tarifs du marché, deux options : réduire vos charges ou vos ambitions de revenu dans un premier temps, ou vous spécialiser sur une niche où les tarifs sont plus élevés.

TJM et tarification au forfait : comment articuler les deux ?

Le TJM est une base de calcul interne, pas forcément ce que vous affichez au client. Beaucoup de freelances préfèrent proposer des tarifs au forfait (pour une prestation complète) ou à l’heure, selon la nature de la mission. Dans ce cas, le TJM reste l’étalon qui vous permet de vérifier que votre devis est rentable. Divisez votre TJM par 8 pour obtenir votre taux horaire, multipliez par le nombre d’heures estimées pour la mission, ajoutez une marge pour les imprévus (10 à 20 % selon la complexité), et vous obtenez votre prix de forfait.

L’avantage du forfait : il découple votre revenu du temps passé. Si vous devenez plus rapide grâce à l’expérience ou aux outils (comme les assistants IA adaptés aux indépendants), vous gagnez davantage pour le même résultat livré. C’est ce qui permet, sur le long terme, d’augmenter ses revenus sans augmenter son temps de travail.

Et ne soyez pas gêné(e)s à l’idée de gagner + ou légèrement + ! Cela ne signifie pas nécessairement de doubler votre chiffre d’affaire. Tout euro généré en + permet déjà d’économiser, de voir venir et éventuellement parfois aussi, de pouvoir compenser des aléas comme les impayés et revenus aléatoires qui font partie du paysage pro quand on travaille en indépendant(e). Croyez-en mon expérience !

Quand et comment réviser son TJM ?

Un TJM n’est pas gravé dans le marbre. Il évolue avec votre expérience, votre spécialisation, votre réputation et les conditions du marché. Les moments clés pour envisager une hausse : après une mission réussie sur un projet complexe, quand votre carnet de commandes est plein depuis plusieurs mois (signe que votre tarif est peut-être trop bas), après une montée en compétences significative ou une certification reconnue, ou simplement chaque année pour absorber l’inflation et la hausse de vos charges.

La méthode la plus simple pour annoncer une hausse à vos clients actuels : prévenir en avance (idéalement deux à trois mois), expliquer brièvement sans s’excuser, et intégrer la hausse progressivement sur les nouvelles missions. Les clients qui ont de la valeur pour vous auront de la valeur pour eux aussi : ils accepteront une hausse raisonnable bien communiquée.

Questions fréquentes sur le TJM freelance

Quel est le TJM moyen d’un freelance en France ?

Entre 300 et 700 euros par jour selon le métier et l’expérience. Un développeur junior tourne autour de 250 à 400 euros, un profil senior entre 450 et 650 euros, et un consultant très spécialisé peut dépasser 800 euros. Les tarifs parisiens sont généralement plus élevés qu’en province.

Comment calculer son TJM en micro-entreprise ?

TJM = (salaire net annuel souhaité + charges sociales + frais professionnels) / nombre de jours facturés. En micro-entreprise BNC, les charges sociales représentent environ 22 % du CA. Comptez 180 jours facturés par an en hypothèse prudente, pas 220, car le temps de prospection et d’administration ne se facture pas.

Peut-on négocier à la baisse sans se brader ?

Oui, à condition d’avoir prévu une marge en affichant un TJM supérieur de 10 à 15 % à votre cible. En revanche, ne descendez jamais sous votre plancher, ce seuil en dessous duquel vous travaillez à perte. Certaines contreparties justifient un geste : volume garanti, référence prestigieuse, mission longue durée.

Faut-il afficher son TJM sur son site ?

Pas obligatoire. Afficher une fourchette filtre les prospects hors budget et vous fait gagner du temps. Ne pas afficher donne plus de flexibilité. Solution intermédiaire : « tarif sur demande, à partir de X €/jour » pour donner un repère sans s’enfermer dans un chiffre fixe.

Ce qu’on retient

Fixer son TJM, ce n’est pas une question de culot ou d’intuition. C’est un calcul. Et une fois ce calcul fait, vous savez exactement jusqu’où vous pouvez descendre lors d’une négociation sans mettre en danger votre activité. Vous arrêtez de vous excuser pour vos tarifs parce que vous savez qu’ils sont justifiés. C’est peut-être ça, le vrai bénéfice de la méthode : non seulement ne pas se brader, mais le savoir. Si vous avez un site web, pensez aussi à la vente de backlinks pour diversifier vos revenus en parallèle de vos missions. Et une fois vos tarifs posés, pensez à soigner votre visibilité en ligne : notre guide sur pourquoi votre site internet ne vous rapporte rien peut vous aider à attirer vos prochains clients.

Le TJM est lié à votre positionnement global. Consultez pourquoi se nicher est une solution anti-crise et apprivoiser la peur des revenus aléatoires. Pour les aspects administratifs : les meilleures options de compte bancaire pour micro-entrepreneur et les 5 erreurs fiscales des micro-entrepreneurs.


En savoir plus sur Picaillon

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Partagez votre amour

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *