
Matrimoine : c’est quoi ?
J’ai reçu une notification de ma banque aujourd’hui qui employait un mot que je n’avais jamais vu ailleurs, à savoir : matrimoine. Intriguée, j’ai creusé, et l’histoire derrière ce mot vaut clairement le détour, tout comme le sujet de fond qu’il cache.
D’où vient ce mot, matrimoine
Le mot n’est pas récent. Il existait déjà en français, tombé en désuétude depuis le 17e siècle, et désignait historiquement les biens hérités de la mère, en miroir du « patrimoine » hérité du père. Certaines banques le remettent aujourd’hui au goût du jour dans leurs communications, pour mettre en avant le rôle grandissant des femmes dans les décisions financières du foyer.
Le vrai sujet derrière ce mot
Au-delà de l’anecdote lexicale, ce qui m’a interpellée, ce sont les chiffres qui circulent autour de ce constat. Une étude récente sur le rapport des femmes à l’argent révèle des écarts marquants. Trois femmes sur quatre déclarent ne pas maîtriser le vocabulaire financier. 47% disent ne pas se sentir suffisamment compétentes pour gérer leur patrimoine, contre 31% des hommes interrogés dans la même étude. Et 35% des femmes sondées ont déjà renoncé à un projet d’investissement uniquement par manque de confiance, pas par manque de moyens.
C’est ce dernier chiffre qui interpelle le plus. Ce n’est pas une question d’argent disponible, mais bien de confiance dans sa propre capacité à comprendre et décider. Un écart de confiance, pas un écart de moyens, ce qui change complètement la nature du problème à résoudre.
Et c’est valable quel que soit l’âge de la femme. Ou encore le fait qu’elle soit célibataire, vive seul, en couple, seule ou avec enfant(e)s.
Des ressources gratuites pour combler cet écart, sans dépendre d’une banque
Si le vocabulaire financier vous semble parfois opaque, vous n’êtes clairement pas seule. Plusieurs ressources gratuites existent indépendamment de votre établissement bancaire pour combler cet écart :
- Le site de l’Autorité des marchés financiers (AMF) propose des guides pédagogiques gratuits sur l’épargne et l’investissement, sans lien avec un établissement en particulier
- La Banque de France anime aussi des ateliers d’éducation budgétaire et financière, gratuits, ouverts à tous
- Beaucoup d’associations locales proposent des permanences de conseil budgétaire gratuit, souvent méconnues alors qu’elles existent dans la plupart des grandes villes
L’essentiel, au fond, n’est pas de passer par telle ou telle banque, mais de ne plus laisser un simple manque de vocabulaire vous éloigner de décisions qui vous concernent directement. Personne ne naît en sachant ce qu’est un taux d’intérêt composé ou la différence entre une action et une obligation, ça s’apprend, à n’importe quel âge.
Questions fréquentes
Le mot matrimoine a-t-il un sens juridique aujourd’hui ?
Non, il n’a plus de valeur juridique actuelle. C’est un terme ancien, remis en usage ponctuellement dans certaines communications à but pédagogique, mais pas une notion reconnue par le droit français contemporain.
Pourquoi les femmes déclarent-elles moins maîtriser le vocabulaire financier ?
Les études sur le sujet pointent surtout un écart de confiance transmis socialement plutôt qu’un écart de capacité réelle. C’est justement pour ça que l’accès à des ressources pédagogiques gratuites et neutres peut faire une vraie différence.
Où trouver des ressources gratuites pour mieux comprendre ses finances ?
L’Autorité des marchés financiers et la Banque de France proposent toutes deux des contenus pédagogiques gratuits sur la gestion financière et l’épargne, sans lien avec un établissement bancaire précis.
En bref
Matrimoine est un mot ancien, remis au goût du jour par certaines communications bancaires récentes pour désigner les biens hérités de la mère. Au-delà de l’anecdote, le vrai enseignement à retenir reste le chiffre le plus frappant des études sur le sujet : 35% des femmes ont déjà renoncé à un projet d’investissement par manque de confiance, pas par manque d’argent. Un écart qui peut se combler, avec des ressources gratuites et neutres, dès qu’on ose se renseigner.
Il n’est pas seulement question d’investir dans le grand sens du terme investir, comme acheter en bourse. Il s’agit aussi d’apprendre à épargner, à préparer sa retraite ou encore même à plus long terme, sa succession. De l’éducation financière à un moment charnière en France, alors qu’une grogne monte chez les particuliers comme les professionnels. Notamment du fait du prix du carburant qui ne cesse de grimer en ce mois de septembre 2026.
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